Haircut (Sam Bosma)

Elle sursauta lorsqu'elle sentit la tondeuse appuyée sur sa nuque. Le jeune homme, désigné pour exécuter la sentence, marmonna une excuse indistincte mais n'arrêta pas son geste.

Les vieux avaient voté contre elle. Elle n'en revenait toujours pas. C'était pourtant si simple. Mais ils avaient l'art de tout complexifier. À force de vouloir tout contrôler, ils n'autorisaient plus la moindre liberté et la vie devenait vraiment compliquée au campement.

Mais une tonte ? Elle n'avait jamais imaginé que cela puisse en arriver là. Le jeune homme continuait son office, implacable. Elle ne lui en voulait pas. Il n'y était pour rien, n'avait même pas choisi de faire cela mais avait été désigné au hasard, comme le voulait la coutume.

Et puis elle pleura. Ses beaux cheveux blonds repousseraient, elle n'en doutait pas. Mais c'était plus que cela. La défaite. L'humiliation. Le tort qu'on lui disait avoir fait mais qu'elle ne pouvait accepter. Tout son être se rebellait à cette accusation. Et elle savait qu'elle se vengerait. Cela lui prendrait le temps qu'il faudrait mais, un par un, quand l'occasion se présenterait, elle se vengerait de ces maudits vieux. Il était temps que quelqu'un les remette à leur place !

Sa seule consolation fût que ce connard de Samson aurait son beau visage défiguré. Elle ne l'avait pas raté. Elle renifla et ne s'en rendit pas compte.

– Je suis désolé, fit le garçon lorsqu'il eût terminé.

Elle le regarda sans comprendre.

Image de Sam Bosna / Image by Sam Bosna
Source : http://www.sbosma.com/?/Illustration/Haircut/

She gasped when she felt the clippers pushed onto her neck. The young man, appointed to carry out the sentence, mumbled an indistinct excuse but did not stop his gesture.

The old had voted against her. She still could not believe it. It was so simple. But they had the art of making everything more complex. Because they wanted to control everything, they no longer allowed any freedom. And life was becoming really complicated in the camp.

But a shearing? She had never imagined that it could go that far. The young man went on with his movements, relentless. She did not despise him for it. It was not his fault; he hadn't even chosen to do this but had been appointed at random, as was the custom.

And then she wept. Her beautiful blonde hair would grow back, she had no doubt. But it was more than that. It was the defeat. The humiliation. The reproach they were stating but that she could not accept. Her whole being repelled to that charge. And she knew she would seek vengeance. It would take the time that was necessary but, one by one, when she could, she would make these old fools pay for it. It was about time someone put them back in their place!

Her only consolation was that that asshole of Samson would have his handsome face disfigured. She had not missed him. She sniffed and did not realized she'd done so.

− I'm sorry, said the boy when he was finished.

She looked at him blankly, no grasping what he'd just said.

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A Sky Full Of Stars (Charlie Bowater)

Depuis qu'elle avait découvert ses pouvoirs (enfin, depuis "qu'on" lui avait découvert ses pouvoirs) sa vie avait pris une toute nouvelle direction.

Elle n'avait plus d'inquiétude pour le lendemain ; elle n'avait plus d'appréhension dans ses rapports avec les autres ; elle avait gagné une confiance, une certitude que jamais elle n'avait pensé avoir un jour.

Ils lui avaient montré ce qu'elle pouvait faire. Ils l'avaient invité à faire ses premiers essais. Ils l'avaient guidé dans ses premiers pas. Et puis au fil du temps, elle avait compris ses pouvoirs, avait appris à les contrôler.

Maintenant, ce qu'elle préférait par-dessus tout, étaient les séances d'entraînement. Elle restait des heures à tester différentes combinaisons de couleurs, différents effets sonores, différents composants chromatiques… et différents pas de danse.

Elle appelait cela, la Danse Pyromane. Même le Professeur Xavier l'avait congratulé pour ses efforts !


Image de Charlie Bowater / Image by Charlie Bowater
Source : http://charlie-bowater.deviantart.com/art/A-Sky-Full-Of-Stars-457887268

Since she had discovered her powers (well, since "they" had discovered her powers) her life had taken a whole new direction.

She had no concern for the morrow; she had no apprehension in her dealings with others; she had won a confidence, a certainty that she had never thought of having one day.

They had showed her what she could do. They had invited her to her first tries. They had guided her in her first steps. And over time, she understood her powers, had learned to control them.

Nowadays she preferred were the workouts above all else. She spent hours testing different color combinations, different sound effects, different chromatic components… and different dance steps.

She called it the Pyromaniac Dance. Even Professor Xavier had congratulated her for her efforts!

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Volcano clan (Author unknown)

Anton prit appui sur la dalle de béton et, se maintenant d'une main à un câble métallique qui pendait, se pencha dangereusement en avant.

Il scruta d'un œil habitué les rues démolies en contrebas et poussa un soupir.

Au pied du Stade (ainsi que l'appelaient encore les Anciens), il distinguait les lumières et les fumées du clan Volcan.

S'ils ne l'avaient pas vu arriver à l'aube naissante, nul doute que les guetteurs avaient aperçu le dirigeable une fois qu'il eût repris son envol, après avoir déposé le jeune homme à l'aurore passée.

Il examina avec attention la pente, cherchant le meilleur moyen d'arriver au semblant de ville que constituaient les bâtiments en contrebas. Il se doutait de l’accueil que lui réservaient les habitants mais il n'avait pas le choix.

Il devait la retrouver.


Auteur de l'image inconnu / Image author unknown
Source: réseaux sociaux / social network

Anton leaned on the concrete slab and, hanging with one hand onto a wire rope, he dangerously leaned forward.

He looked for a moment at the demolished streets below and sighed.

At the foot of the Stadium (as the Ancients still referred to it), he could see the lights and smokes of the Volcano clan.

If they had not seen him arrive at daybreak, no doubt the watchmen had now spotted the airship once it had taken off, after having dropped the young man, barely before sunrise.

He carefully examined the slope, seeking the best way to get to the buildings that pretended to be a city, below. He doubted he would get a warm welcome from its residents, but he had no choice.

He had to find her.

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Leona Heidern fan art (Danilo Athayde)

Il ne s'était rendu compte de rien. Les hommes sont parfois si naïfs ! Qu'une femme leur dise qu'il lui plaît, qu'elles sont admiratives de leur renommée et leur ego ne fait qu'un tour, prêt à tout croire pour peu que cela vienne d'une jeunette un peu dégourdie !

Il était l'un des mercenaires payés par une caravane de passage pour en assurer la protection. Il n'était pas bien malin et s'était laissé manœuvrer avec aisance. Un verre, puis deux, un sourire un peu appuyé et une main qui frôle son bras ("Comme tu es musclé !"). S'il ne semblait utiliser son cerveau qu'au minimum requis de ses performances, il était heureusement plutôt mignon, ce qui avait facilité l'auto-suggestion qu'il était aussi séduisant…

La caravane allait de campements en campements, joignant les fortins aux villes plus importantes. Mais pour accéder à celles-ci, il fallait montrer patte blanche.

Dans ce monde sans foi ni loi, l'usurpation d'identité était considérée comme un crime absolu. Et elle savait de source sûre que le chef de la caravane, dont la fille sortait à peine de la puberté, le détestait particulièrement. Celui-ci refuserait de se porter garant pour le mercenaire. Sans matricule, le jeune homme ne pourrait pas repartir le lendemain matin. Oh, elle ne doutait pas de l'esclandre qu'il allait provoquer ! Mais elle saurait se montrer convaincante − au moins pendant quelques jours −, pour l'aider à apprécier tous les avantages de rester avec eux.

La communauté avait un grand besoin d'hommes comme lui pour se défendre…



Image de Danilo Athayde / Image by Danilo Athayde
Source: https://danilo.artstation.com/portfolio/leona-heidern-fan-art

He hadn't noticed anything. Men can be so naive! Let a woman tell them they are good looking, that they admire their fame, and their male ego goes crazy, ready to believe anything as long as it comes from a youngish, smartish girl!
 
He was from a mercenary troop paid by a passing caravan for its protection. He was not very clever and had let himself maneuver with ease. A glass, then a second, a little cuty smile and a hand that brushes past his arm ("You're so strong!"). He used his brain to the minimum required level of performance, but he was fortunately rather cute. Which made the self-suggestion that he was also attractive easier…
 
The caravan was going from camps to camps, joining the small countryside forts to the bigger cities. But to access one of these, one had to show their credentials.
 
In this lawless world, identity theft was considered an absolute crime. But she knew for a fact that the leader of the caravan, whose daughter was barely out of puberty, particularly hated him. He would refuse to vouch for him. Without tag number, the young mercenary would not leave camp on the following morning. Oh, she did not doubt that he would cause a scandal! But she knew how to be convincing and help him enjoy all the benefits of staying with them − at least for a few days.
 
The community had a great need for men like him, for protection…

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Rainbow Circuit (Asuka111)

L'exposition battait son plein mais elle ne parvenait pas à y prendre part. Ce n'était pas la première fois qu'elle regrettait le calme de son atelier virtuel. Elle n'arrivait pas à se faire à ces commentaires pompeux, à ces interprétations pseudo-intellectuelles de ses œuvres, à ses marchands de tapis en costumes dernier cri, représentants d'une société qui avait piraté l'expression instinctive et émotionnelle, artistique, pour en faire un marché impitoyable tout en prétendant défendre les artistes et leur droit d'auteur…

Alors, après avoir articulé les contraintes sociales d'usage et salué les représentants les plus en vue ou les plus influents du milieu, elle s'était éloignée, puis retirée, puis connectée.

Elle utilisa les échanges mielleux, imbus ou mercantiles et les extrapola en arabesques colorées. Elle traduisit les communications en un dégradé de codes couleurs sur sa palette habituelle et elle interpréta ces données sur son Bi/oS interne.

Son implant sous-cutané glissait de ces informations dont elle se surprit à enregistrer et la procédure et le contenu.

Elle en créerait une autre œuvre qui immanquablement séduirait ces ignares et les encouragerait à l'enrichir encore davantage.

Elle vivait un rêve et utilisait ce rêve pour l'auto-alimenter. C'était là son secret.


Image de Asuka111 / Image by Asuka111
Source : http://asuka111.deviantart.com/art/Rainbow-Circuit-416624375

The exhibition was in full swing but she found it hard to take part. It was not the first time she missed the quiet of her virtual workshop. She could not suffer these pompous comments, these pseudo-intellectual interpretations of her works, these carpet dealers wearing the last trendy costumes, representatives of a society that had corrupted the instinctive, emotional, artistic expression into a ruthless market while claiming to defend the artists and their copyright…

So, having articulated the usual social constraints and welcomed the most influential representatives, she had distanced herself, then retired herself, then connected herself.

She used the unctuous, imbued or mercantile exchanges and extrapolated them into colorful arabesques. She translated the communications in a gradient of coded colors on her usual palette and she interpreted the data on her internal Bi/oS.

Her subcutaneous implant was slipping with this information and she found herself recording both the procedure and its content.

She would create another artwork that would inevitably seduce the ignorant and encourage them to enrich her even more.

She lived a dream and used that dream to self-power it. That was her secret.

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